Des crypto-milliardaires pensent reconstruire sainement l’île de Porto Rico


Porto Rico peine à rebondir 5 mois après l’ouragan Maria. L’île a été mise sur la touche, n’étant pas incorporée aux Etats-Unis. Plus de 10 % des habitants vivent toujours sans électricité. Le maire, Carmen Yulin Cruz pense que ce chiffre se rapprocherait plus des 30 %.

Plus de 400 000 résidents utilisent les bâches bleues comme toits ; si la plupart des perçoivent un drame à travers le déluge portoricain, d’autres voient une opportunité à saisir.

L’île sert de paradis fiscal en raison de son territoire qui arbore un statut non-incorporé. Dernièrement, un groupe de « Puertopians » qui tend à s’agrandir, établissent un crypto-paradis.

L’objectif très audacieux des Puertopians est de construire une ville entièrement nouvelle, utilisant les crypto-monnaies et la technologie Blockchain comme fondation.

Baptisé « Puertopia » à l’origine, le groupe a dû changer son nom en « Sol, » car sa traduction latine était « garçon paradis, » ce qui n’est absolument pas à l’image du message qu’ils veulent faire passer.

Brock Pierce : une figure polarisante

Brock Pierce, Directeur de la Fondation Bitcoin

Brock Pierce, un individu mystérieux, excentrique, riche et au passé déstabilisant, dirige « Sol. » Il est également le directeur de la Fondation Bitcoin. Ce personnage plaide pour les vastes avantages de la crypto-philanthropie, ayant lui-même suggéré la somme de 1 milliard de dollars adressée à des œuvres caritatives.

Pierce a également été sous les projecteurs à son enfance. Il a quitté le petit écran pour rejoindre le monde des affaires numériques à 18 ans. Il a été le vice-président exécutif du Réseau Digital Entertainment.

Toutefois, un scandale sexuel impliquant des enfants l’a rapidement traîné dans la boue en 2000. Suite à l’enquête des autorités compétentes, les enfants victimes ainsi que des employés ont allégué que Pierce et ses partenaires dirigeaient un réseau de maltraitance d’enfants. Le groupe aurait organisé plusieurs fêtes dans lesquelles des mineurs étaient drogués, buvaient de l’alcool et étaient contraints d’avoir des rapports sexuels sous la menace d’une arme.

Pierce s’en est sorti avec un règlement à l’amiable pour une somme de 21 600 $ USD après s’être enfui en Espagne.

Ayant quitté son poste, il a lancé IGE (Internet Gaming Entertainment) en Espagne. C’est une plateforme de courtier pour divers monnaies dans les jeux vidéo dont Blizzard, World of Warcraft et Diablo 3. Plusieurs années sont passées, Goldman Sachs a participé à sa fructueuse entreprise avec 60 millions de dollars en investissement.

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Entrée en force au sein de l’espace de la crypto-monnaie

En janvier 2017, la société a connu une grosse crise, en perdant plus de 500 000 $ par mois. Pierce a alors mis les voiles une fois de plus. L’ex bras droit du président Trump, Steven Bannon a pris les commandes d’IGE.

En 2013, Pierce a fondé le géant du Capital-risque Blockchain Capital avec deux cofondateurs, et ce, après plusieurs gestes philanthropiques, dont certains adressés à la Fondation Clinton. Depuis, il a été retiré du site internet de la fondation.

Pierce a été propulsé au conseil d’administration de la Fondation Bitcoin, tardivement en 2014, entraînant la démission de 10 membres importants. Il a alors commencé à participer à de nombreux Initial Coin Offering, notamment celle du Tether.

Retour à Porto Rico

Brock Pierce affirme vouloir « aider les Portoricains », croyant qu’après l’ouragan, ils pourront « démarrer sainement » et créer une nouvelle utopie.

L’intention des Puertopians semble honorable au premier abord, mais l’histoire de Pierce fait réfléchir à ce qui se cache réellement derrière leur projet. D’après les dernières constatations, il semble que la somme d’argent censée reconstruire l’île a été utilisée pour éviter les taxes et pour les dépenses personnelles des dirigeants du groupe.

Andrea Satz, un résident du Vieux San Juan et un employé du Conservation Trust de Porto Rico, a donné une explication directe de la malencontreuse tendance sur l’île :

Nous constituons le terrain de jeu fiscal pour les riches. Nous représentons un cas de test pour tous ceux qui veulent expérimenter. Les étrangers bénéficient d’exonérations fiscales, et les habitants ne peuvent pas obtenir de permis.

Cette situation dure plusieurs années, les Portoricains ont été mis en reste quant à l’exploitation de l’or pendant que les riches s’en donnaient à cœur joie.

Est-ce juste une autre situation où les super-riches participent au capitalisme des catastrophes, colonisant un territoire qui a été victime du même stratagème de la part des ultra-riches à maintes reprises? Ou est-ce que les Puertopians sont en dépit de tout des héros technologiques qui sauveront la population de la situation actuelle ? Qu’en pensez-vous ? Réagissez dans la section des commentaires.

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