Vérification d’identité (KYC) : sommes nous encore au 21eme siècle ?

Connais ton voisin !

Depuis l’histoire de l’humanité, les gens n’ont pas toujours eu besoin de vérifier l’identité de leur voisin. En effet, quand les gens restaient dans leurs propres communautés, il suffisait que les autres résidents les connaissent. Mais avec le temps, l’évolution du monde, ainsi qu’avec les progrès scientifiques et technologiques, les populations se sont développées au-delà des communautés autonomes, devenant de plus en plus mobiles. Par conséquent, d’autres formes d’identification sont devenues nécessaires pour que les gens se reconnaissent et sachent qui traverse leur territoire. C’est pourquoi les passeports et autres documents d’identification ont été introduits il y a plusieurs centaines d’années. Ces documents n’étant pas unifiés, chaque pays les publiait (et les distribue toujours) à sa manière. Mais aujourd’hui, nous vivons dans un monde connecté qui devient de plus en plus complexe – et dans cette nouvelle réalité, les méthodes d’identification doivent être standardisées et rationalisées pour être utiles à l’échelle mondiale.

La vérification de l’identité est devenue un problème majeur et se devait être résolue rapidement. Pour être en mesure d’utiliser certains services – en particulier les services financiers, qui ont toujours été le moteur de changements majeurs – l’identité d’une personne doit être vérifiée de manière correcte, sûre et définitive. Les systèmes existants sont encombrants et technologiquement dépassés. Pour une personne ordinaire confrontée à ce monde numérique mondial, l’idée de prendre le temps de se rendre physiquement à la banque pour présenter ses papiers semble complètement absurde. Si nous pouvons nous connecter avec à peu près n’importe qui dans le monde en quelques secondes, diffuser notre position avec une précision de 3 ou 4 mètres, et diffuser des vidéos en direct de qualité incroyable, il doit sûrement y avoir un meilleur moyen et plus facile de confirmer l’identité d’une personne.

Le besoin d’une meilleure solution

Aujourd’hui, le besoin de vérifier l’identité d’une personne est devenu primordiale et omniprésent. Effectivement, partout où nous allons, nous devons produire divers identifiants, mots de passe, tickets, etc, et cela pour prouver que nous sommes bien celui que nous prétendons être. Le besoin fréquent de subir cette procédure entraîne une perte de temps, d’argent et des problèmes. Ainsi perdre son code de carte bancaire peut vous coûter cher.

«Les gens réalisent rapidement qu’il y a besoin de trouver une solution, qui devra avant tout fonctionner pour eux, en économisant du temps, de l’argent et de l’énergie»,
déclare Sergei Bekrenev, co-fondateur de KYC.LEGAL,

«Ce qu’il faut faire est clair : nous devons créer et mettre en œuvre un système de vérification et d’authentification numérique sûr, universel et convivial, qui répondra aux besoins des utilisateurs et des fournisseurs de services. »

Comment les autres procèdent ?

La numérisation des informations d’identification et l’automatisation des processus de vérification nous permettront à tous d’améliorer considérablement la fiabilité, la rapidité et l’accessibilité de l’identification personnelle. Même les Nations Unies plaident pour la numérisation des informations d’identification, y compris les registres de naissance, et exhortent les gouvernements nationaux à numériser les registres d’état civil d’ici 2030.

Le concept d’identification numérique a commencé à se développer à partir de deux sources différentes : les initiatives gouvernementales et les systèmes privés. Cette division n’ a pas été fortuite, en effet les systèmes d’identification numérique administrés par le gouvernement remplissent principalement une fonction utilitaire qui répond aux besoins de l’État, mais sa vision sur la vérification est très différente des besoins des entreprises.

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Selon le co-fondateur de KYC.LEGAL, Daniil Rausov,

« Il n’y a toujours pas de consensus dans le monde sur les solutions qui allieraient les avantages des systèmes d’identification numérique gérés par le gouvernement et le privé, et ceci en raison des différences entre les objectifs fixés. Nous sommes partis de l’hypothèse qu’il était possible d’évaluer les meilleures solutions développées par chacune de ces branches et de créer quelque chose de complet et utile pour toutes les parties impliquées. « 

Les systèmes d’identification numérique gérés par l’État sont activement mis en œuvre dans toute l’Union européenne: par exemple, le Royaume-Uni développe sa base de données ADN nationale, l’Estonie émet des identifications électroniques et l’Italie introduit de nouveaux documents biométriques électroniques. L’Union européenne assure la reconnaissance mutuelle des identifications numériques par les États membres via son système d’identification électronique.

Les États-Unis mettent actuellement au point un système d’identification numérique unifié destiné à regrouper toutes les informations importantes sur les résidents et à remplacer les permis de conduire, les numéros de sécurité sociale, etc. La Russie utilise un système unifié d’identification et d’authentification. Ce système peut être considéré comme un passeport numérique où l’utilisateur peut avoir des interactions électroniques avec des agences gouvernementales.

On connaît les systèmes d’identification d’entreprise, tels que Windows Live ID de Microsoft et Apple ID qui reposent sur l’identification par empreinte digitale, tandis que UBER utilise la reconnaissance faciale pour vérifier ses conducteurs.

L’Inde a choisi un système d’identification numérique intéressant. En 2009, le gouvernement indien a créé une autorité spéciale, l’UIDAI, chargée d’introduire Aadhaar – un numéro d’identification unique pour chaque résident du pays. Aadhaar est devenu un moyen d’identification numérique entièrement fonctionnel, largement utilisé à la fois pour interagir avec l’État et dans la vie quotidienne des gens. Au cours de sa première année, Aadhaar a permis au gouvernement d’économiser plus de 1,5 milliard de dollars en coûts de carburant !

«L’exemple d’Aadhaar illustre brillamment les effets positifs de l’introduction de systèmes d’identification numérique pour les entreprises : 1,5 milliard de dollars d’efficacité supplémentaire grâce à l’utilisation d’un système électronique KYC»,
explique David Drake, expert blockchain et fintech, président de Soho Loft Media Group.

A ce jour, l’alternative la plus impressionnante, en rapport avec l’identification et la vérification, a été présentée par l’équipe de KYC.LEGAL, qui est en train de développer un système électronique KYC basé sur la technologie blockchain. Contrairement à leurs collègues indiens, le projet se concentre principalement sur l’interaction entre les utilisateurs privés et les agences, bien que le système soit adaptable à d’autres domaines. L’utilisation de la technologie blockchain la rend extrêmement sécurisé, fiable et conviviale.

Que dit la loi?

Le droit international contemporain ne donne pas de norme précise pour les technologies d’identification numérique et d’état civil utilisées par les gouvernements nationaux ou les entreprises privées. Il ne définit pas non plus de droits spéciaux à l’identité numérique. Cependant, la loi de plusieurs juridictions protège les données personnelles de chaque personne. Plus précisément, la Convention pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données personnelles, signée le 28 janvier 1981 à Strasbourg, oblige les Etats membres à

« garantir sur son territoire pour toute personne, quelle que soit sa nationalité ou sa résidence, le respect de ses droits et libertés fondamentales, et en particulier son droit à la vie privée, en ce qui concerne le traitement automatique des données à caractère personnel le concernant. « 

La Cour européenne des droits de l’homme a noté que les différends portant sur les noms et prénoms des individus sont également soumis à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales (Rome, 4 novembre 1950).

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Dans le droit contemporain, le concept de données personnelles est défini de manière large, et le terme peut signifier toute information sur un individu défini ou définissable. En d’autres termes, toute manipulation des données du profil numérique d’une personne sans son consentement viole directement ses droits. Mais si le propriétaire consent à ce que ses données soient traitées dans le cadre du Big Data, le sens juridique de la protection des données personnelles est complètement caduque.

« Il existe une incohérence évidente entre les dispositions internationales existantes, sans même mentionner les lois nationales, et l’état actuel du développement technologique et des relations sociales. Il n’ y a pas de réponse définitive à ce problème, car la question est encore en cours de définition dans le contexte de l’administration du droit, d’une affaire complexe à l’autre »,
déclare Vladimir Annikov, expert en projets innovants au Service juridique européen.

Où allons-nous?

En août 2016, les experts du groupe de travail du Forum économique international (World Economic Forum) ont publié un rapport intitulé «Blueprint for Digital Identity» (en PDF, en), dans lequel ils indiquent plusieurs modèles potentiels de développement du e-KYC (vérification d’identité à l’aide d’un moyen informatisé – « identification numérique »). Dans l’un d’entre eux, les plates-formes développées par le milieu des affaires qui fonctionnent conformément à certaines règles et normes agissent en tant que fournisseurs d’identification numérique. La technologie Blockchain a maintenant rendu possible la création et l’exploitation de telles plateformes.

Dans un avenir proche, le marché devrait s’attendre à ce que certaines normes soient établies pour les plates-formes d’interface utilisateur du secteur financier. Nous constatons que la Banque mondiale emprunte déjà cette trajectoire de développement.

L’Inde est un excellent exemple de la convergence bénéfique entre les systèmes d’identification numérique privés et étatiques, qui a captivé l’attention de nombreux gouvernements nationaux. Ainsi il semble raisonnable de s’attendre à d’autres mesures.

Dans un proche avenir, certains experts prédisent que nous pouvons nous attendre à voir émerger une «identité numérique» vérifiable, dont les données personnelles appartiendront à son propriétaire. Et il est possible d’imaginer que des groupes de collectifs d’utilisateurs ou même des robots comme Sophia, puissent acquérir leurs propres identités numériques.

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