« Quitter Bitcoin pour Stellar était une sage décision », d’après le PDG de SatoshiPay

« Quitter Bitcoin pour Stellar était une sage décision », d’après le PDG de SatoshiPay

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12 août 2018 par Antoine

Meinhard Benn, le PDG de SatoshiPay s’est exprimé sur les causes derrière le choix du réseau Stellar – au détriment du réseau Bitcoin – et ce qu’il réserve aux utilisateurs au cours d’une interview récente accordée à ForkLog.

L’entretien s’est déroulé quelques semaines avant l’annonce selon laquelle la startup siégeant à Berlin ferait un premier appel public pour une introduction en bourse sur l’AIM de London Stock Exchange.

Le fournisseur de micro-paiement et service de traitement de crypto-monnaies SatoshiPay a été créé en 2014. Le Bitcoin (BTC) se résumait à un concept nouveau, tandis que la communauté Lightning n’avait encore aucune perspective d’avenir. SatoshiPay est plus ou moins considéré comme un vétéran de l’industrie des monnaies virtuelles.

Basée sur la Blockchain du réseau Stellar, la plateforme SatoshiPay offre un micro-paiement sans friction qui aide les éditeurs numériques à monétiser des contenus à travers le monde entier.

Meimhard Benn, SatoshiPay’s CEO

Cependant, elle a connu certaines difficultés au niveau du démarrage soutenu par VC. Sachant que les frais de transactions et les coûts du Bitcoin ont augmenté ces 12 derniers mois, SatoshiPay a dû chercher des alternatives plus rentables et revoir sa technologie pour offrir les meilleures options aux utilisateurs.

Les développeurs se sont d’abord tournés vers le protocole IOTA. Cependant, SatoshiPay a fini par opter pour Stellar, car la plateforme ne pouvait être basée sur deux Blockchain, étant actuellement construite sur Stellar.

Meinhard Benn s’est exprimé en toute sincérité durant l’entretien exclusif accordé à ForkLog. L’interview s’est déroulée comme suit :

Le choix de Stellar aux dépens d’IOTA

ForkLog : Bonjour Meinhard, nous aimerions recueillir quelques explications quant à votre décision de cesser la collaboration avec le Bitcoin. Est-ce que le choix de se tourner vers d’autres options était une mesure purement monétaire ?

Meinhard Benn : Effectivement, le prix du Bitcoin est devenu très cher. Nous avons subi beaucoup de pression pour adopter un registre moins cher qui puisse répondre à nos besoins.

ForkLog : Vous avez d’abord opté pour IOTA, mais vous avez ensuite choisi Stellar. Que s’est-il réellement passé ?

Meinhard Benn : Nous avions de nombreux options et différents projets. Comme IOTA siégeait à Berlin et que Domenic DominikSchiener, Co-fondateur de l’IOTA y était aussi, nous avons eu une discussion et avons fini par conclure : « D’accord, nous allons faire une preuve de concept ou un prototype et voir si IOTA peut faire ce qu’on a à faire. »

Nous avions besoin de très peu de fonds, mais beaucoup de transactions rapides et peu coûteuses. Nous avons donc réalisé un prototype avec IOTA et conclu qu’il fallait attendre encore un moment avant de pouvoir travailler avec son grand livre distribué. L’épreuve de travail effectué dans le navigateur a pris plus de temps que prévu. Par exemple, il fallait attendre 20 secondes pour que le PoW soit exécuté, ce qui n’est absolument pas pratique pour nous.

La majeure partie du temps, les transactions n’ont pas eu lieu, ce qui explique également pourquoi nous ne pouvions pas les utiliser. Qui plus est, nous cherchions une prise en charge multisignature et des jetons numériques au niveau du protocole. À mon avis, ces fonctionnalités ne sont toujours pas disponibles au sein de la Blockchain IOTA. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de chercher une autre option. Nous avons en quelque sorte mis IOTA sur la liste des observations à long terme pour finir par intégrer Stellar. Il répond de manière pragmatique à toutes nos exigences en terme de fonctionnalité.

ForkLog : Est-ce qu’aujourd’hui SatoshiPay a complètement intégré Stellar ?

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Meinhard Benn : Bien sûr, l’intégration de Stellar a débuté officiellement le 7 décembre dernier. Aussi, nous avons quelques projets en commun avec la fondation. Ils nous soutiennent et donnent des crédits gratuits à nos utilisateurs – jusqu’à 50 XLM, soit 12 euros par utilisateur, ce qui est formidable.

La technologie Stellar opère depuis quelques années. Même si elle a ses limites – ou plutôt un nombre limité de fonctions sans un type particulier de machine virtuelle ou de langage complet de Turing – elle est structurellement très sophistiquée. Tantôt j’ai énoncé qu’elle disposait d’une prise en charge multisignature, de jetons numériques, ainsi que d’un marché décentralisé intégré. Cela nous convient parfaitement.

ForkLog : Alors, le sujet IOTA est définitivement clos ?

Meinhard Benn : nous n’avons aucun projet concret. Nous nous lançons sur le marché sans vraiment nous préoccuper de la technologie du grand livre distribué. Clairement, nous proposons de nouveaux outils… des tableaux de bord et déployons des fonctionnalités pour les éditeurs qui ne sont pas tellement liés à la technologie Blockchain. On peut dire que nous prenons les choses comme elles viennent, sans perspective d’évolution.

Les apports de SatoshiPay

ForkLog : Les startups annoncent des choses diverses, des sciences appliquées perturbatrices et des options prometteuses. Lorsqu’il s’agit de problème d’utilisation réelle, les choses se compliquent. Pensez-vous que SatoshiPay est devenu rentable avec ce que vous avez entrepris ?

Meinhard Benn : Nous disposons d’environ 1 800 éditeurs et écrivains dynamiques. Ceux qui sont réellement enthousiasmés par la publication de matériel de contenu sont un peu moins nombreux. Mais ils sont quand même curieux. Nous générons environ 100 000 portemonnaies numériques et des inscriptions chaque jour. Qu’importe la fraction du système, le flux de paiement sur le réseau reste régulier. Donc, évidemment la plateforme est honorablement saturée, et nous sommes en quelque sorte dépassés par la quantité de cas d’utilisations. Nous devons également nous concentrer sur des questions de légalité commerciale. Certains individus essaient de vendre des films ou des images que nous devons visionner au préalable, ce qui prend énormément de temps.

ForkLog : Êtes-vous réellement censé visionner le contenu que les gens achètent et vendent ?

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Meinhard Benn : Nous sommes en contact avec les éditeurs. Nous ne nous permettons pas de leur dire ce qu’ils peuvent vendre. Néanmoins, nous devons nous assurer de la provenance des produits vendus. L’éditeur a sa part de responsabilité dans le type de contenu commercialisé, mais SatoshiPay doit trouver le mouton noir et dire : « Malheureusement, nous devons procéder au verrouillage de votre compte, car vous devez accepter que certaines choses sont illégales. » Forte heureusement, cela ne se produit que rarement et la majeure partie du contenu vendu est parfaitement légitime.

ForkLog : quels sont les articles les plus populaires achetés par votre clientèle ?

Meinhard Benn : des E-books et PDF en majeure partie. Nous avons également des articles de blog sur WordPress qui permettent un aperçu gratuit. Les utilisateurs doivent payer le reste de l’article. C’est comme le bouton « Lire la suite », mais pour cela, il faut payer une petite somme d’argent.

ForkLog : Concernant les utilisateurs finaux, comment cela se passe-t-il ? Est-ce que les recharges via Paypal, activés par SatoshiPay l’année dernière sont toujours disponibles ou les gens sont-ils censés acheter des XLM en premier pour avoir accès aux choses qui les intéressent ?

Meinhard Benn : les utilisateurs qui ne détiennent aucun Stellar sont libres de recharger avec Paypal. Les Stellar Lumens (XLM) sont envoyés dans un porte-monnaie numérique de navigateur. En réalité, les utilisateurs n’ont pas à savoir quoi que ce soit sur la Blockchain ou la crypto-monnaie. Cela ressemble à une sorte de paiement de jeu où ils paient avec une carte de crédit ou tout autre système de paiement.

Les gens peuvent se renseigner sur le Stellar Lumens à défaut de reconnaître les crypto-monnaies en général. Ils peuvent voir leur adresse XLM dans le réseau Stellar ainsi que les transactions, mais n’ont pas besoin d’en savoir davantage. En réalité, ils ne s’en rendent généralement pas compte. Ils savent juste qu’ils doivent recharger 20 jetons numériques et dépenser un ou deux jetons sur des contenus différents.

Que pensez-vous de l’interview du PDG de SatoshiPay ? Réagissez dans la section des commentaires ci-dessous.

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